Un nouveau feuilleton, une histoire de chiffonnier, à hurler:
Les cibles épargnées hurleront de rire, les moutons tondus à leur insu
hurleront (peut-être) de dépit et moi, je choisis de hurler de rire,
ça vaut mieux...
Il y a quelques semaines, un dénommé Stephan Rossato m'envoie un
courriel annonçant une séance de dédicaces d'un livre qu'il a écrit,
un "dictionnaire du rock", plus du rock moderne que du rock'n'roll.
Même si c'est musicalement -déjà- un peu à côté de ma cible, je mets
de bonne grâce deux lignes sur inforock.
Un vendredi en fin d'après-midi, la veille de sa prestation, M.
Rossato me téléphone pour me demander un changement ou un ajout (j'ai
oublié les détails depuis), que je suis malheureusement obligée de
refuser, le délai étant trop court; je en effet suis occupée chez un
client extérieur et n'aurai aucune possibilité de modifier le site
avant la date.
Je réalise à l'instant que je n'ai aucun souvenir d'avoir entendu, de
la part de M. Rossato, une phrase de remerciement pour avoir insérer
quelques mots de son activité dans l'agenda d'inforock...?!? Mon
copain Aloïs serait-il déjà là? Non!?!?
Depuis là, M. Rossato a intégré mes coordonnées dans sa liste de
contacts auxquels il envoie régulièrement des manifestes à caractère
politique.
Désirant garder ma boîte mail pour des courriers professionnels et/ou
rock'n'roll, je lui demande de bien vouloir se limiter à ce type de
courriels et éviter de me faire parvenir les manifestes.
Le premier manifeste de M. Rossato concernait une histoire d'amende à
60000 francs pour une affiche, il y avait aussi des histoires de
crottes de chiens à Genève, je n'ai malheureusement pas gardé ce
message. Ce n'est pas tant le contenu qui m'importait, mais juste le
fait de recevoir des choses que je n'ai pas demandées et de mélanger
les genres. J'y ai répondu comme suit:
Je vous livre sans commentaire aucun les textes des derniers échanges
et vous laisse le soin d'en tirer vos propres conclusions:
Francine Rochat:
Votre droit légitime est de défendre votre jardin en manifestant votre
mécontentement de voir Genève souillée.
De mon côté, je travaille seule et souhaite que le temps consacré au
tri des courriels soit rationalisé, ceci dans un but de rentabilité
essentiel à la survie de ma petite entreprise.
Le premier contact que nous avions eu concernait la publication sur
inforock.ch d'informations relatives au rock'n'roll en général; je
souhaiterais que vous vous limitiez à ce type d'informations.
En effet, j'efface systématiquement les mails dont je sais qu'il ne
contiennent rien en rapport avec mon travail ou le rock'n'roll et vous
prenez le risque, en m'envoyant ce genre de message, de voir une
information "rock'n'roll" passer simplement à la poubelle.
La liberté d'expression est sacrée et, reprenant la célèbre citation
de Voltaire, j'adhère au principe: "Je ne suis pas d'accord avec ce
que vous dites, mais je me battrai jusqu'à ma mort pour que vous
puissiez le dire".
Votre liberté s'arrêtant où commence la mienne, je vous serais
reconnaissante d'éviter à l'avenir de m'envoyer vos manifestes.
Stephan Rossato:
Bonjour,
Je comprends que les questions genevoises n'intéressent pas tous les
Vaudois. Mais il y a aussi des préoccupations d'intérêt général. Si la
société ne laisse pas aux citoyens assez de temps pour réfléchir aux
questions politiques afin de défendre leurs intérêts, c'est la porte
ouverte aux abus de la tyrannie.
Je ne peux créer trop de listes distinctes culture / politique.
Donc si mes messages politiques vous font perdre du temps, je dois
vous enlever de la liste.
Meilleurs messages
FR:
Heureux ceux dont la priorité est d'éviter de mettre les pieds
dans les crottes de chiens.
Cela signifie qu'ils n'ont pas à se battre comme des loups pour
assurer leur pitance....
Vous pouvez donc supprimer mes coordonnées de votre liste de contact.
Avec mes salutations les meilleures.
SR:
C'est déjà fait, estimez-vous heureuse, vous avez échappé au
communiqué de presse sur les dangers de révision totale de la
constitution !
Ce qui vaut pour Genève vaut pour Lausanne.
Mais pour répondre à votre remarque stupide, car vous n'avez pas la
moindre idée de tout ce que j'ai déjà souffert dans la vie sur tous
les plans car cela ne vous concerne pas et que je n'ai pas de leçons
de dureté de la vie à recevoir de vous, ce à quoi vous faites allusion
ne représente que 0.1% de mes engagements politiques pour plus de
justice et de bien-être. Vous êtes trop obtue pour comprendre que
c'est symbolique, que c'est la pointe de l'iceberg de merde que les
moutons de votre espèce laissent s'accumuler.
Est-ce vous qui avez par exemple comme moi arraché plus de 100
signatures dans la rue pour l'initiative sur la caisse maladie unique
(à supposer que vous sachiez de quoi je parle) ?
Mais c'est vous personnellement qui auriez profité financièrement du
système de la caisse maladie unique, si ces moutons de Suisses
manipulés par les riches lobbies n'avaient pas votés contre !
Quant je pense qu'on se démène pour des gens comme vous !! On se
demande si vous le méritez bien !!
S'il n'y avait depuis des siècles des gens qui se battent contre les
injustices et le Mal, il n'y aurait pas de société civilisée vous
permettant de graviter autour de la musique et du graphisme avec
internet et vous seriez tous en train de labourer les champs sous la
férule des oppresseurs tout en mettant au monde dix gosses dont les
trois quarts mourraient avant cinq ans.
C'est ça les moutons suisses, bouchez vous les oreilles quand on vous
avertis des dangers !!
FR:
Bonjour Monsieur,
A Genève, il semblerait que la situation soit pire qu'à Lausanne, où
le volume des crottes de chiens reste encore largement au-dessous du
cortex...
Pensez ce que vous voulez, dites presque ce que vous voulez; au nom de
la sacro-sainte liberté d'expression, je vous laisserai faire.
Je constate toutefois que vous jugez sans connaître et insultez sans
raison, cette dernière étape étant plus que discutable.
Je doute fort que cette méthode permette de faire passer des idées,
mais libre à vous de l'utiliser, avec les ennuis que cela pourrait
impliquer.
On peut également se demander qui est à blâmer et où est l'arbitraire
dans un tel échange.
Je suis peinée d'apprendre que la souffrance a jalonné votre vie et
tout aussi peinée de savoir qu'elle vous a conduit au comportement que
vous adoptez aujourd'hui, c'est-à-dire à arroser ainsi d'insultes
quelqu'un dont vous ignorez à peu près tout.
Il y a d'autres manières de rendre les souffrances passées "utiles".
Essayez de réfléchir à ça: Pourquoi ai-je souffert? Ai-je laissé la
possibilité à quelqu'un de m'utiliser, de me manipuler, de me faire
souffrir? Si la réponse est oui, posez-vous d'autres questions!
Il est inutile de poursuivre, je ne répondrai plus, préférant garder
mon énergie pour des actes plus constructifs.
Sachez toutefois que vous vous trompez de cible en me traitant de la
sorte.